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Combattre le Trafic D'especes Sauvages

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Madagascar, Une Beaute Sauvage.  Photo of a lizard. Andriah Laingo Rakotomavo

Qu'est-ce que le trafic d'espèces sauvages ?

Le trafic d'espèces sauvages, notamment le braconnage et le commerce illégal des produits de la faune et de la flore sauvages, est un des plus grands marchés illicites du monde, brassant des milliards de dollars tous les ans. Ce trafic menace la survie des espèces emblématiques ainsi que la sécurité des nations et des régions, le développement économique et la santé environnementale. Les braconniers et les trafiquants sont souvent liés à des réseaux criminels internationaux qui profitent d'une mauvaise application de la loi, de la porosité des frontières, de la faiblesse de la société civile et de la corruption des fonctionnaires. Ces réseaux, violents et complexes, fonctionnent sans se soucier du préjudice qu'ils causent aux communautés locales ou du danger qui guette les groupes financés par la vente des produits de la faune.

A Madagascar, les espèces les plus menacées par le trafic sont :

Le bois précieux * (exemple : bois de rose, ébène, palissandre) Exploités illégalement et exportés pour la confection de produits de grande valeur comme les meubles et les instruments de musique

Reptiles (exemple : tortues, caméléons, lézards et serpents) Exploités illégalement pour servir d’animaux domestiques exotiques et de médicaments

Lémuriens (Toutes les variétés) Braconnés pour leur viande et capturés pour le commerce illicite d’animaux de compagnie

Faune marine (exemple : hippocampes, poissons exotiques) Exploitée illégalement pour la nourriture ainsi que pour le commerce d'animaux domestiques exotiques et de médicaments

Oiseaux (Exemple : perroquets et autres oiseaux exotiques) Exploités illégalement pour le commerce d'animaux exotiques

* L'USAID définit généralement la faune sauvage comme des animaux sauvages, mais l'exploitation forestière illégale et le commerce associé du bois précieux est connu pour faciliter la criminalité liée aux espèces sauvages et plusieurs autres facteurs similaires : pauvreté, gouvernance faible et corruption.

Pourquoi le trafic d'espèces sauvages est-il important pour l’USAID ?

Le trafic d'animaux sauvages est un problème de développement international parce qu'il mine la sécurité, l’Etat de droit et nos efforts de mettre fin à l'extrême pauvreté. Les trafiquants d'animaux sauvages font normalement partie de réseaux criminels plus importants impliqués dans le trafic de drogues, d'armes et dans la traite de personnes. Le trafic d'espèces sauvages contribue donc à la déstabilisation des communautés où habitent nos bénéficiaires et nos partenaires, dans tous les secteurs du développement, et peut diminuer ou réduire à néant l'impact de nos programmes de santé, de sécurité alimentaire, d’eau et assainissement et d'autres. Des milliards de gens dans le monde dépendent des forêts, de la faune et de la pêche pour leur subsistance. La perte d’une faune emblématique et l’absence de sécurité en raison de la présence d'éléments violents liés à la traite réduit les perspectives de développement durable, dont le tourisme vert et la pêche durable.

La protection de la faune contre le braconnage et le trafic contribue à protéger notre patrimoine mondial et à lutter contre les réseaux criminels qui exploitent les êtres humains et la nature et menacent ainsi la sécurité nationale et l’Etat de droit.

Que fait l'USAID Madagascar pour lutter contre le trafic d'espèces sauvages ?

SCAPES

Le précédent projet environnemental de l'USAID à Madagascar, intitulé «Préserver les ressources naturelles de Madagascar», lancé en 2013 et terminé à la fin de 2016, comportait un volet important de lutte contre la faune sauvage. Le projet a réuni quatre organisations non gouvernementales internationales, à savoir World Wildlife Fund (WWF), Wildlife Conservation Society (WCS), Conservation International (CI) et TRAFFIC, pour collaborer avec les organisations de la société civile locale et l’Etat malagasy afin de combattre le trafic de faune sauvage à l’intérieur et autour des forêts humides du nord-est du pays.

Connu localement sous le nom de SCAPES ou Sustainable Conservation Approaches in Priority Ecosystems (Approche de conservation durable dans les écosystèmes prioritaires), les activités étaient axées sur la lutte contre le trafic de bois précieux et de reptiles, ainsi que sur la formation d'acteurs clés pour surveiller, sensibiliser et combattre le trafic de bois et d'espèces sauvages aux niveaux du paysage, des régions et de la nation. Ce processus a mobilisé différents membres de la société, des organisations communautaires aux négociants en bois, en passant par les journalistes, les gardes forestiers, les autorités chargées de l’application de la loi, les tribunaux et les ministères.

Grâce à cette activité, une formation a été dispensée pour améliorer l'identification des espèces de bois et de reptiles, élaborer un cadre législatif pour une meilleure gestion et une réduction du trafic illégal d'espèces sauvages, développer les compétences des organisations de la société civile (OSC) et des journalistes d'investigation pour mieux dénoncer les pratiques illégales. Grâce au soutien de l'USAID dans le cadre de SCAPES, une nouvelle Coalition nationale pour la défense de l'environnement et trois coalitions régionales d'OSC (LAMPOGNO, COCAZ, TMTI) sont désormais à même d'identifier, surveiller et dénoncer les crimes contre les espèces sauvages. Les gardes forestiers communautaires et le personnel des aires protégées sont mieux formés aux techniques de suivi de l'application de la loi en utilisant un logiciel de conservation SMART. Ce dernier permet l’adoption de meilleures techniques de contrôle du commerce et de surveillance des aires protégées à l'échelle nationale. Le Ministère de l'environnement, de l'écologie et des forêts et ses partenaires au développement ont élaboré et adopté avec succès un plan de gestion de la biodiversité (BMP) pour les essences forestières de valeur comme Dahlbergia et Diospyros.

L'évaluation finale du programme se trouve ici (seulement disponible en anglais [pdf 645ko])

Loi sur la traite des espèces sauvages

L’USAID Madagascar ainsi que tous les organismes gouvernementaux américains présents ou apportant leur appui à Madagascar (exemple : le département d'État et celui de la Défense, US Fish and Wildlife Service et autres) travaillent de concert pour dresser une évaluation complète de l'état actuel du trafic d'espèces sauvages à Madagascar conformément à la loi de 2016 sur l'élimination, la neutralisation et l’interruption du trafic de la vie sauvage (P.L.114-231). Cette évaluation aidera à formuler et à mettre en œuvre une stratégie nationale de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages. Plus précisément, la Loi sur la traite des espèces sauvages vise à (1) renforcer l'application de la loi; (2) réduire la demande en faune sauvage commercialisée illégalement et (3) raffermir la coopération et l'engagement internationaux.

Projet de conservation et communautés

En s'appuyant sur les enseignements tirés de SCAPES, le projet Conservation and Communities (CCP) de l'USAID Madagascar soutient la stratégie nationale de la loi ‘Mettre fin au trafic de faune sauvage’ ainsi que le groupe de travail présidentiel sur la lutte contre la pêche illicite non déclarée et non réglementée (IUU) et le trafic des produits marins (voir détails seulement disponible en anglais).  

Nous sensibilisons à ces problématiques grâce à notre présence sur les médias sociaux à Madagascar (Facebook et Twitter) ainsi qu'à travers des campagnes autonomes de sensibilisation et de réduction de la demande comme Wildly Beautiful (Beauté Sauvage), une campagne d’impression de dépliants, d’affiches et de cartes postales produits en partenariat avec le département d'État américain, trois ministères malagasy et huit partenaires au développement. Ces produits ciblent les visiteurs à Madagascar ainsi que les communautés locales vivant à l’intérieur et autour des zones d’exploitation éventuelle de la faune.

De plus, l'USAID Madagascar est membre du Groupe des Partenaires Techniques et Financiers du Ministère malagasy de l'Environnement, de l'Ecologie et des Forêts (MEEF) qui se réunit régulièrement pour discuter des priorités et de l'adéquation entre l’appui des donateurs et les stratégies nationales du secteur. Nous sommes également membre actif du groupe des bailleurs environnementaux, un groupe informel de bailleurs bilatéraux et multilatéraux qui travaille avec différents ministères sur la biodiversité, la lutte contre le trafic d'espèces sauvages, le changement climatique, le régime foncier et les problèmes connexes.

Enfin, nous proposons des moyens de renforcer les capacités des fonctionnaires malagasy et des organismes locaux chargés de l'application de la loi en facilitant leur participation aux formations offertes par d'autres agences gouvernementales des États-Unis. Nous appuyons aussi les dirigeants des organisations communautaires et non gouvernementales qui combattent le trafic d'espèces sauvages à travers des formations parrainées, une assistance technique et de petites subventions à travers le projet CCP.

ARTICLES ASSOCIES

 

Campagne Beauté Sauvage de l’USAID Madagascar :  dépliants [pdf, 1mo], d’affiches [pdf, 768ko], et de cartes postales [pdf, 247 ko]

 

L’Ambassade des Etats-Unis à Madagascar, l’USAID Madagascar et le Ministère malagasy du Tourisme annoncent le concours de photos pour cartes postales « La beauté naturelle de Madagascar

 

Evaluation par TRAFFIC de l’exploitation forestière à Madagascar, sur financement de l’USAID

  • Paradis Perdu ? Les enseignements tirés de 25 ans de programmes environnementaux à Madagascar (seulement disponible en anglais - Paradise Lost? [PDF 3Mo])
  • Sommaire exécutif (seulement disponible en anglais Executive Summary [PDF 187 Ko])
  • Last updated: October 15, 2019

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