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Se servir des traditions pour relever de nouveaux défis.
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Cette jeune mère a reçu une alimentation complète, dont le sorgho, pendant l’allai- tement de son nouveau né. |
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Le sud malgache fait face presque toute l’année à une difficulté alimen- taire. La réintroduction du sorgho est une solution durable rendue possible par le bureau de l’aide humanitaire à l’étranger de l’USAID (OFDA). |
Les techniques agricoles des communau- tés du sud malgache reflètent l’expérience des générations. En effet, l’agriculture dans cette région aride est exceptionnellement diverse pour faire face aux risques ainsi qu’ aux précipitations imprévisibles et insuf- fisantes. Mais trois années consécutives de sécheresse et de récoltes déficitaires ont compromis la sécurité alimentaire des dizaines de milliers de gens qui habitent la région. Face à une sécheresse impitoya- ble, les agriculteurs doivent puiser dans leur riche expérience. Un projet agricole de l’USAID vient de réintroduire une culture traditionnelle importante pour améliorer l’alimentation et les perspectives des communautés les plus vulnérables de Madagascar.
Le sorgho était, depuis des siècles, l’ali- ment de base du sud de Madagascar. Cependant, lors de la grande famine qui y a sévi au début des années 90, la population était obligée de consommer sa réserve de semences, ce qui a conduit à la disparition de cette culture.
Le sorgho est idéal pour les conditions régionales. Il est très résistant à la séche- resse et son grain, solide, le protège des ravageurs. Il résiste au vent et peut être moissonné trois mois après sa mise en terre, ce qui permet aux agriculteurs de faire deux récoltes par an. De plus, le sorgho enrichit le sol et améliore la qualité des autres cultures plantées dans le même champ. Le grain de sorgho a une teneur élevée en micronutriments et une petite quantité suffit pour satisfaire les besoins calorifiques journaliers. Il constitue un ingrédient exceptionnel pour combattre l’insécurité alimentaire et la malnutrition. Sa valeur est aussi évidente dans les coutumes locales et on croit qu’il porte chance à la population.
Les agriculteurs et leurs familles ont en effet exprimé cette croyance que la chance revient avec la moisson. Un fier paysan d’Anjeva a pu nourrir toute sa famille pendant la période de soudure et subvenir aux besoins d’un nouveau né, période qui a coïncidé avec la moisson de sorgho. On a pu ainsi diversifier l’alimentation de la mère allaitante et disposer de suf- fisamment d’argent pour couvrir les dépenses d’un nouvel enfant.
Aujourd'hui, les producteurs locaux produisent du café de qualité tout en protégeant la biodiversité du corridor forestier voisin. Des échantillons de la région on déjà obtenu une note excellente de la part des critiques internationaux.
En 2008, l’USAID a fourni à 13.796 familles d’agriculteurs 40 tonnes de semences de sorgho. Comme la culture de sorgho a été abandonnée depuis une dizaine d’années, les agriculteurs ont reçu une formation en technique de stockage de semences, dans la culture du produit et dans la préparation des grains. Un peu moins de 5.000 tonnes est produit à la première moisson, destiné à la consommation familiale et à la vente.
La réintroduction du sorgho a reçu l’appui de la population et la demande de semences demeure élevée. L’USAID a financé l’extension d’un centre de multiplication de semences qui alimente les marchés intérieurs. Le centre fournira 4 à 5 tonnes de semences de sorgho ce septembre.
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