La médiation s’est avérée efficace au Maroc
Une nouvelle équipe de médiateurs appliquent leurs compétences
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Tarik Mossadek (au milieu) et Omar Farissi (à droite) revoient les termes de la médiation avec Chemseddine Abdati, Directeur du CIMAR. |
Il est vrai ce qui se dit: les discussions ayant lieu lors d’une pause-café sont aussi importantes qu’un événement officiel. Entre des jeux de rôle lors d’une récente formation en matière de médiation au Maroc, Omar El Farissi et Tarik Mossadek discutèrent l’idée d’utiliser les techniques de médiation apprises à un conflit bien connu entre le barreau de Rabat et sa compagnie d’assurance, qui étaient en désaccord sur la responsabilité de la collecte des primes d’assurances des familles des avocats.
A cause de ce conflit, tous les avocats de Rabat et leurs familles sont restés sans assurance pendant 18 mois! Pourtant avec plus de 4000 personnes sans couverture maladie et un enjeu de près de 625.000,00 dollars, trouver une solution devenait impératif pour les deux hommes.
Au Maroc, où résoudre un litige par voie judiciaire à travers les tribunaux de commerce surchargés, peut durer 700 jours, la médiation est une option de recours plus attractive. L’USAID à travers son programme « Amélioration du Climat des Affaires au Maroc » œuvre avec des partenaires locaux, l’ONG Search for Common Ground et le Centre International de Médiation et d’Arbitrage de Rabat pour développer un cadre de médiateurs certifiés et de sensibiliser sur les modes alternatifs de résolution de conflits.
Sachant que MM. Omar El Farissi et Tarik Mossadek sont tous deux avocats, leur stratégie de médiation ne ressemblait guère à celle d’une défense traditionnelle. Au lieu de se limiter à représenter chacun une des parties du litige, les deux co-médiateurs ont cherché à coopérer en vue de trouver une solution tout en préservant la relation contractuelle.
En juin, l’USAID a organisé le premier cycle de formation visant spécifiquement les médiateurs commerciaux. MM. Farissi et Mossadek y ont participé et lors du dernier jour de formation, ils ont annoncé la bonne nouvelle à leurs coparticipants : un compromis a été trouvé !
La solution négociée préservait les intérêts des deux parties : le barreau de Rabat payera la totalité des primes d’assurances et s’engage à constituer un groupe de travail en charge de collecter les primes additionnelles des familles des avocats. En contrepartie, la couverture médicale sera rétablie rétroactivement. Mieux encore, le contrat a été reconduit pour 2008.
Le 2 juillet 2007, l’accord est en entré en vigueur et considéré comme le premier cas de médiation au Maroc. Cette expérience a enseigné à M. Farissi qu’une solution existe toujours. Il a appris à rassembler les gens et favoriser un climat de confiance, leur permettant ainsi de réfléchir avec sérénité et logique. |