Le dialogue de collectivités locales avec les citoyens a aidé à créer des activités génératrices de revenus
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A l’entrée de la coopérative Al Ouaha, dans la commune rurale d’Aoufous de la province d’Errachidia, une photo au mur montre la présidente de la coopérative, Fatima Nakrat, posant fièrement au côté du Roi Mohammed VI. |
A l’entrée de la coopérative Al Ouaha, dans la commune rurale d’Aoufous de la province d’Errachidia, une photo au mur montre la présidente de la coopérative, Fatima Nakrat, posant fièrement au côté du Roi Mohammed VI. La photo a été prise au Salon international de l’agriculture de Meknès de 2008, où Mme Nakrat a exposé les produits de sa coopérative. Aujourd’hui, l’odeur sirupeuse de la gelée de dattes remplit la coopérative.
Mais en 1996, année où Fatima Nakrat et 48 autres femmes ont créé la coopérative, leur seul objectif était l’élevage des moutons. Ensuite, après des périodes de sécheresse à la fin des années 90, elles décidèrent ensemble de diversifier leur production en commençant une deuxième activité : la fabrication de gelée de dattes.
Malgré les potentialités de leur oasis, Mme Nakrat et beaucoup d’autres habitants de la région sont confrontés à des défis décourageants, comprenant le manque d’eau, les maladies des végétaux, la fragmentation des terres, l’exode rural, la pauvreté, et le manque d’emploi.
L’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH), programme visant à la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, a désigné la commune d’Aoufous parmi les 26 communes rurales pauvres de la province d’Errachidia devant bénéficier en haute priorité de l’INDH.
De son côté, le programme « Gouvernance locale » de l’USAID s’est employé, avec la Province d’Errachidia, à adapter le processus de planification stratégique participative à la réalisation des objectifs de l’INDH, dans des communes sélectionnées. En 2006, l’USAID a organisé 68 forums publics afin de déterminer avec les collectivités locales les besoins et priorités de la population, et ce, dans le cadre de son appui à l’approche pilote de planification stratégique participative au niveau communal. Or, l’une des actions prioritaires fixées lors de ce processus participatif a été l’appui aux activités génératrices de revenus, particulièrement en faveur des femmes.
« Comme nous avons été consultées sur nos priorités dès le début, les projets ont pris nos besoins en considération », déclare Mme Nakrat. En raison de la concurrence des autres producteurs de gelée de dattes sur le marché local, Fatima Nakrat et ses collègues ont décidé d’accorder une grande importance à l’hygiène et à la qualité, ce qui leur a permis de bien se positionner sur le marché de la région. Constatant que sa gelée était très appréciée des consommateurs, la coopérative Al Ouaha y a ajouté d’autres produits, comme des plantes aromatiques et médicinales et de l’huile d’olives. Mme Nakrat a déclaré se sentir plus rassurée depuis la diversification des produits. « Je suis satisfaite que nous ne soyons pas limitées à des produits saisonniers. Les compétences techniques que nous avons acquises pour la qualité et la commercialisation de nos produits ont été très bénéfiques, et notre coopérative a commencé à prospérer. Nous avons même recruté 20 femmes et 10 hommes. », ajoute-t-elle.
Installée non loin de la coopérative Al Ouaha, la coopérative Ezrigat reçoit aussi des fonds de l’USAID pour le même type d’activité. Cette coopérative est principalement gérée par des hommes, puisqu’elle emploie 40 hommes et 5 femmes seulement. Son président, Mohammed Boustaba, a expliqué les bénéfices qu’a tirés la coopérative de l’assistance de l’USAID et d’autres partenaires. « Le projet nous a apporté de nouvelles compétences. Nous savions seulement faire la gelée de dattes tahlaout que produisaient nos grands-parents. Maintenant nous savons faire d’autres produits avec les dattes, comme la confiture et la pâte à tartiner, et nous pensons étendre nos ventes aux marchés nationaux. », a déclaré M. Boustaba.
Comme la coopérative Al Ouaha, la coopérative Ezrigat a pu offrir des emplois permanents à des hommes et des femmes, et créer des emplois indirects pour leurs familles. Le programme « Gouvernance locale » de l’USAID a conclu un partenariat avec les deux coopératives et l’Office Régional de Mise en Valeur Agricole du Tafilalt (ORMVAT) afin d’assurer la durabilité des résultats des deux projets. De plus, les coopératives, l’ORMVAT et les communes ont signé une convention relative à la gestion et à l’entretien des installations des coopératives. |